Un temps pour la Création

Cette année, le groupe œcuménique de Sarrebourg a effectué sa rentrée plus tôt que d’ordinaire, en choisissant de participer, le vendredi 1er septembre, à la journée de prière pour la sauvegarde de la Création. Les membres du groupe, rejoints par des personnes d’horizons divers, se sont rassemblés pour une veillée autour de ce thème.

Photos Nicolas Koenig et Stéphane Flauder

 

Les deux célébrants, l’abbé Paul Baillot et le pasteur Régine Lehner, ont commencé par expliquer l’origine de cette démarche. C’est en 2007, à l’occasion du troisième rassemblement œcuménique européen, que les représentants des différentes Églises chrétiennes en Europe ont décidé d’instaurer en commun ce « temps pour la Création », recommandant de « réserver la période du 1er septembre au 4 octobre à la prière pour la protection de la création et la promotion de styles de vie durables qui fait reculer notre contribution négative au changement climatique ».

Le 1er septembre correspond également au début de l’année liturgique chez les orthodoxes. En 1989, le patriarche œcuménique Dimitrios décide d’en faire un jour de prière pour la Création. En 2015, le pape François a proposé à son tour que le 1er septembre devienne, dans l’Église catholique, « journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création ». Les Églises protestantes traditionnelles se sont ensuite ralliées à cette initiative.

Suite à l’organisation de la COP 21 à Paris en 2015, nous assistons à un renforcement des dynamiques ecclésiales et œcuméniques en France sur les questions du climat et de la Création. La Charte œcuménique européenne consacre, quant à elle, un paragraphe à ce thème :

 

« Dans notre foi en l’amour de Dieu, le Créateur, nous reconnaissons avec gratitude le cadeau de la Création, la valeur et la beauté de la nature. Mais nous voyons avec effroi que les biens de la terre sont surexploités sans considération de leur valeur propre, sans tenir compte de leur caractère limité et sans égards pour le bien des générations futures. Nous voulons coopérer ensemble à créer des conditions de vie durables pour l’ensemble de la Création. »

Extrait de la Charta œcumenica (Charte œcuménique européenne), paragraphe 9

 

Dans une atmosphère à la fois sobre et recueillie, les participants ont médité et prié ensemble autour de lectures bibliques : le psaume 8 (« La gloire de Dieu dans la création »), et un extrait de l’épître aux Romains sur le thème de l’espérance (Rm 8, 18-25).

Des lecteurs ont également prêté leurs voix au théologien orthodoxe Olivier Clément, porteur d’une vision « eucharistique » de l’univers, au pasteur Albert Schweitzer, l’un des pionniers du respect de la vie dans la société européenne moderne, et au philosophe Pierre Rabhi, fondateur du mouvement citoyen « Colibris », dont le nom est inspiré d’une légende amérindienne destinée à responsabiliser chaque individu vis-à-vis du monde dans lequel il évolue.

Afin d’ancrer cette réflexion dans la vie locale, nous avons accueilli le témoignage de personnes engagées dans différentes démarches de responsabilité éthique et environnementale : Julien Becker, maraîcher d’Hilbesheim pratiquant la permaculture, l’association APPIE (Association pour la protection du patrimoine d’Imling et environs) – qui emploie son énergie à la protection, entre autres, du patrimoine naturel et environnemental, et le jeune collégien Timo, touché par le problème de la maltraitance animale, qui a choisi de devenir végétarien. Cette écoute a été suivie d’un moment d’échanges et de réflexion participative.

Des chants et des interludes musicaux ont ponctué ce temps de recueillement, entre autres le Cantique des créatures de saint François d’Assise, connu comme un chantre de la Création.

La traditionnelle quête a été remplacée ce soir-là par une formule originale : chaque participant s’est vu en effet invité, après introspection, au choix d’un effort particulier à réaliser dans sa vie quotidienne en faveur de la Création. Une manière d’encourager tout un chacun à relayer l’initiative du colibri de la légende, en « faisant sa part »…

Photo Dirk van der Made – Wikimedia Commons